PEUT-ON ENCORE MANGER DES POMMES ?

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Sujet diffusé dans « Envoyé Spécial » du 5 mars 2015

La pomme est l’un des fruits les plus consommés et préférés des Français
On dit « une pomme par jour éloigne le médecin ».
Comment fait-on pour avoir toute l’année des pommes bien rondes, brillantes, au teint lisse et aux courbes parfaites ?

Les agriculteurs comprenant que l’habit fait le fruit, le marché de la pomme a tout misé sur l’apparence.

Sous le ciel de Manosque dans les Alpes de Haute-Provence, les pommes sont allègrement arrosées. Une trentaine de pulvérisations par récolte complétées par un autre traitement choc : l’utilisation d’un gaz qui est un puissant conservateur permettant de conserver toute une année des pommes fermes et fraîches.

Manger des pommes toute l’année répond à la demande des consommateurs.
Envoyé Spécial a enquêté chez un agriculteur qui l’a bien compris. Celui-ci a fait appel à ce que la chimie lui proposait : le SmartFresch.

Ce produit est un conservateur surpuissant. Deux sachets dans un seau d’eau libèrent un gaz et en quelques secondes, les pommes se conservent pendant une année. C’est un traitement hormonal. Les pommes contiennent de l’éthylène qui entraîne le vieillissement du fruit. L’utilisation du SmartFresch bloque en fait ce processus de vieillissement.

Le traitement permettrait même de conserver les vitamines contenues dans le fruit pendant un an.
Envoyé Spécial a voulu en savoir davantage. Quelques échantillons de pommes ont voyagé jusqu’ en Australie où un laboratoire situé à Sydney a publié il y a 8 ans la seule étude indépendante réalisée sur le SmartFresch.

Après analyse des pommes rapportées, les résultats sont les suivants : les nutriments contenus dans les pommes à savoir, vitamine C, vitamine A, antioxydants et polyphénols chutent considérablement.
Après 1 mois de stockage, la pomme perd 25% de ses substances nutritives, après 1 an elle est vide.

Il faut savoir que la majorité des pommes vendues en France ont été traitées au SmartFresch et qu’il n’y a pas d’obligation d’en informer le consommateur.

Dans le Limousin on produit la pomme golden. L’arrosage automatique des pesticides peut aller jusqu’à 50 pulvérisations par saison.

Les pulvérisations se traduisent par un épandage de pesticides qui génère un nuage toxique jusqu’à 100m autour des vergers arrosant au passage les jardins, les potagers, les prés et les maisons des riverains proches. Des gouttelettes de pesticides se retrouvent sur les vitres des maisons et les riverains sont obligés de se confiner chez eux après les pulvérisations.

Une mèche de cheveux prélevée sur un ouvrier agricole a donné comme résultat la présence de 2 herbicides, deux fongicides et 1 insecticide qui sont des substances cancérigènes, neurotoxiques et des perturbateurs endocriniens
Un médecin atteste une épidémie de maladies neurologiques ainsi que des cancers de la prostate.

A la recherche de pesticides, Envoyé Spécial s’est rendu à Gand en Belgique auprès d’un des plus importants laboratoires d’analyses de fruits en Europe avec un échantillon de pommes, entre autres la variété golden du Limousin et des pommes bio. Seule la pomme bio ne contenait aucun pesticide. La golden était celle qui en était le plus chargée. Les résultats donnent trois résidus de pesticides différents : des fongicides dont un est suspecté d’être cancérigène, et un perturbateur endocrinien qui, même à faibles doses, peut influer sur le système hormonal.

Laver les pommes et les peler légèrement ne suffit pas. Il faut éplucher 5 à 8 mm tout autour de la pomme pour éliminer l’essentiel des pesticides mais cet épluchage nous prive de la plus grande partie des vitamines qui sont, elles, situées juste sous la peau.

Est-il encore possible de manger des pommes sans pesticides et sans conservateurs ?

Dans le Limousin, il existe un petit village d’irréductibles qui défendent la pomme originelle. Le village cultive SUR LA COMMUNE une bonne centaine de pommes différentes aux couleurs et aux goûts surprenants qu’on ne voit nulle part ailleurs. Ces pommes cabossées et tachées portent les marques des pommes non traitées. Un grand défenseur des pommes qui poussent à l’état naturel, procure des greffons aux particuliers qui font ainsi pousser de nouveaux arbres dans les jardins des alentours. En 10 ans, à force de donner des conseils, près d’un millier de pommiers sauvages ont été ainsi plantés, qui eux ne donneront que ce que la nature leur donne, des pommes à consommer de l’automne au printemps, au rythme que la raison des consommateurs et producteurs feint d’ignorer, celui des saisons.

En 2007, le gouvernement français s’était engagé à réduire les pesticides mais cela n’a pas marché. Les épandages sont interdits auprès des écoles, des hôpitaux, des crèches, mais aucune loi n’interdit aux agriculteurs d’épandre les pesticides sous les fenêtres des riverains.